Dans la marine
Le champagne, on l’a constaté, est souvent associé au bap
tême des nouveau-nés, mais il l’est aussi, tout le monde le sait, à celui des navires. Les marins considèrent que le vin répandu volontairement sur le bateau conjure le mauvais sort. Les Anglais ont à ce sujet un proverbe : Un navire qui n’a pas goûté au vin goûtera au sang. Nul autre vin ne pouvait être mieux choisi que le champagne, vin de la chance et du bonheur, pour placer un bateau sous des auspices favorables. On a prétendu que le Titanic, qui fit naufrage lors de son voyage inaugural en 1912, n’avait pas été baptisé au champagne. Le dernier transatlantique français fut mis à l’eau en 1962. C’était le France, et la bouteille de champagne, du Charles Heidsieck, fut lancée par Mme Charles de Gaulle.
Ellen Mac Arthur, route du Rhum 2002
Rien n’est prouvé sur l’origine de la coutume. Certains prétendent qu’elle remonte aux Grecs de l’Antiquité, du vin aurait été versé sur le navire Argo, commandé par Jason, pour obtenir la protection des dieux au départ des Argonautes partant conquérir la Toison d’or. Pour d’autre, ce serait une coutume des Vikings d’épandre du sang sur les bateaux venant d’être construits. Plus près de nous, l’achèvement d’un édifice, en particulier d’un navire auquel était attribué un nom, donne lieu à un genre de baptême.
Bouteilles lestées
Un autre emploi insolite du champagne est celui qu’en faisait au début du XXe siècle un marchand de vin anglais, Frank Hedges Butler, pionnier des ascensions en ballon libre. Il emportait des bouteilles en guise de lest, et après avoir bues, les jetait par-dessus bord quand il voulait prendre de la hauteur.
Bain de Champagne
Quant à Sarah Bernhardt, Emile Moreau affirmait que les Champenois lui avaient offert ce qu’il appelait une trempette au champagne. Plus tard, Marilyn Monroe, aux dires de la presse, aurait eu le caprice de faire remplir sa baignoire de champagne de marque, et 350 bouteilles auraient été sacrifiées pour satisfaire une lubie matinale.
Du cirage
Le champagne donne parfois lieu à des utilisations bizarres. Dans la première partie du XIXe siècle, on s’en est servi en Angleterre pour faire… du cirage! Le capitaine Rees Howell Gronow raconte dans son livre Reminiscences que Brummel, le célèbre dandy, fut approché un jour par un jeune beau qui lui demanda : «Permettez-moi de vous demander où vous vous procurez votre cirage. Ah! répondit Brummel, jetant un regard complaisant sur ses bottes, mon cirage positivement me ruine. Je vous dirai en confidence qu’il est fait avec le meilleur champagne. » Et dans Handley Cross, Robert Smith Surtees écrit qu’un certain Mr. Radcliffe se déclara hautement en faveur des revers de botte nettoyés avec du champagne et de la confiture d’abricots.
Produits dérivés
Il faut mentionner des produits fabriqués avec des bas vins ou des lies mais qui se réclament du champagne, comme le dentifrice au champagne, le vinaigre de champagne, la moutarde au champagne. Celle-ci est d’ailleurs une invention ancienne. Voici ce que l’on pouvait lire dans l’Almanach des Gourmands : Moutarde au vin de Champagne. C’est à M. Bordin que l’on doit ce nouveau produit de sa fabrique. La base de cette moutarde apéritive est véritablement le vin de Champagne, ce qui lui donne un montant, un bouquet et un parfum plus aisés à louer qu’à décrire.
Pour en savoir plus : http://www.maisons-champagne.com/bonal/pages/12/04












Jeudi 26 juillet 2012
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